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Les erreurs de l'Église sur la création et l'incarnation de Dieu, sur le péché originel expliquent largement sa position sur le problème du salut. À partir du moment où l'homme est considéré comme un être déchu, qui ne peut avoir été créé à partir de la substance divine, qui "ne possède aucun mérite personnel", on arrive forcément à penser qu'il n'a pas en lui suffisamment de répondant pour se tirer d'affaire, vaincre le mal et sauver son âme. D'où le dogme de la Rédemption, selon lequel c'est le sang du Christ répandu sur la croix, qui est le seul moyen de salut pour nous, sa crucifixion devenant l'acte divin qui permet une fois pour toutes au rédempteur d'effacer les péchés de l'humanité, engendrés par la déchéance originelle. Le sang, comme moyen de salut, est un concept erroné, copié sur la Loi de Moïse. Sa transposition au christianisme nous maintient encore dans l'ère du Bélier, en nous faisant régresser de trois mille ans. L'Église a voulu "réparer un vieux vêtement avec du tissu neuf". Ce que déconseillait justement le Christ. En tout cas, cette croyance anachronique du sang qui sauve ne correspond pas à son enseignement, puisqu'il nous invite à porter notre croix, comme lui. Ce qui veut dire que ce n'est pas la sienne qui nous sauve, mais bien la nôtre. La mission de "Sauveur", remplie par le Christ, ne doit pas être prise dans le sens où les théologiens l'interprètent.
Que dire du dogme de la Résurrection de la chair (pour l'Église, résurrection des morts), sinon qu'il est aussi une croyance héritée du judaïsme antique, et ne correspond pas à la vérité. La résurrection de la chair, dans son sens véridique, doit être associée à l'idée de spiritualisation de la matière. Il ne s'agit pas du tout, comme le pense l'Église, de reconstitution de la matière morte, inanimée ou décomposée. Jamais un cadavre ne pourra retrouver la vie, en ressuscitant des morts, au sens physique. Dieu est le Dieu des vivants et non des morts. La vie ne vient que de la Vie. Cette curieuse croyance ne résiste pas, bien entendu, à l'analyse. Elle est démentie par les initiés, pour qui il existe bien une résurrection de la chair, mais au sens spirituel du terme.
Quant aux dogmes mariaux de l'Immaculée Conception et de l'Assomption de la Vierge Marie, ils occupent une place privilégiée dans le corpus doctrinal de l'Église. La Vierge étant considérée comme la mère de Dieu, et corédemptrice avec Jésus, il était normal pour la hiérarchie catholique qu'elle soit conçue et née sans péché (conception immaculée), mais également que son corps soit élevé jusqu'au ciel (assomption), pour ne pas connaître la corruption du tombeau. Ces deux dogmes sont, comme les précédents, des constructions de l'esprit, des échafaudages théologiques tendant à ajuster entre elles toutes les définitions dogmatiques, qui doivent répondre au critère dit de l'analogie de la foi ("solidarité qui unit entre elles les vérités chrétiennes").
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