|
Le contrôle de la Révélation n'a d'autre but que d'asseoir la foi de l'Église sur des bases scripturaires signifiantes au regard de sa Tradition. Lorsque la Bible ne semble pas aller dans le sens de la Tradition, il faut alors lui imputer un sens intermédiaire qui la met en concordance avec la doctrine. D'où la mise en place par les autorités ecclésiastiques d'un système d'interprétation fondé sur un quadruple sens du texte biblique : sens littéral, sens allégorique, sens moral, sens anagogique. Les trois derniers recouvrent ce que l'Église appelle dans son catéchisme le sens spirituel.
Ce que nous reprochons au catholicisme, c'est d'avoir forgé un sens spirituel à l'Écriture pour les besoins de la cause, à partir de présupposés doctrinaux. Dans ce cas, l'intention de l'auteur sacré n'est plus respectée et le sens spirituel ne sert qu'à rattacher l'Écriture à la foi de l'Église. Il permet de lire l'Écriture en fonction de la foi. Il s'agit d'un concept illusoire qui fausse totalement les données d'une interprétation saine.
La confiscation des Écritures par l'Église est censée lui garantir l'exploitation à vie de la Révélation, notamment de celle qui a été faite il y a deux mille ans par le Christ en Palestine. Il n'est donc pas question qu'une autre révélation vienne en interrompre le cours, car dans ce cas l'Église ne serait plus du tout assurée de conserver sa mainmise sur le dépôt révélé, et perdrait alors ses prérogatives.
Naître dans la chair, oui ! répond l'Église. Mais pas question pour Jésus d'être conçu comme toute créature humaine en ce monde, à partir de la fécondation d'un ovule féminin par un spermatozoïde masculin ! Ce serait trop dégradant pour le Fils de Dieu, lui-même Dieu. À Jésus, il fallait donc une naissance humaine miraculeuse, qui court-circuite la nature biologique, jugée implicitement mauvaise. On ne peut pas ne pas penser aux Hébreux de l'Ancien Testament, qui considéraient eux-mêmes la nature comme impure. En tout cas, pour qu'un Dieu fait-homme puisse rester Dieu, il fallait un événement qui sorte de l'ordre naturel. La nature n'est pas assez divine, aux yeux de l'Église. Seul le surnaturel pouvait donner toute la mesure de la grandeur de cette naissance.
Thomas d'Aquin (13e siècle), considéré par l'Église comme une autorité de référence, un maître à penser, a beaucoup écrit sur l'âme pour combattre les thèses hérétiques en faveur de sa préexistence. Comme d'habitude chez lui, ainsi que chez beaucoup d'autres écrivains chrétiens, on retrouve des raisonnements spécieux qui prétendent rétablir la vérité à partir de prémisses fausses et d'arguments souvent opposés au bon sens. Écoutons le Docteur angélique dont l'enseignement reflète parfaitement la doctrine officielle de l'Église.
______________________________________________________________
Tous les liens pour les extraits du livre : Les Vérités illusoires de l'Église
Cliquez ci-dessous
Le Christ n'est pas venu accomplir la Loi de Moïse- Le Royaume de Dieu est un règne de la nature - Lire l'Écriture en fonction de la foi - Le Christ ne s'est pas appesanti sur l'idée de péché - La sexualité n'a pas à être interdite aux prêtres - Le Christ n'a jamais institué d'épiscopat monarchique - Les fautes historiques de l'Église.
|