[...]. Nous sommes appelés à partager la vie de la Bienheureuse Trinité, ici-bas dans l'obscurité de la foi, et au-delà de la mort, dans la lumière éternelle", nous dit l'Église.
Il n'y a pas de plus grande erreur que de s'imaginer que ce qui est obscur ici-bas deviendra automatiquement lumineux là-haut. La lumière est avant tout intérieure. Elle vient de l'élargissement de notre champ de conscience, de l'élévation de notre niveau spirituel. C'est avec notre conscience que nous entrons dans l'autre monde. Nous continuons d'être ce que nous étions auparavant, avec les mêmes possibilités ou les mêmes limitations spirituelles.
Le Christ n'a jamais institué d'épiscopat monarchique. Il connaissait trop bien les hommes pour prendre un tel risque, car en admettant qu'il soit sûr de l'apôtre qu'il aurait éventuellement intrônisé, comment aurait-il pu avoir la même assurance à l'égard de tous les successeurs de celui-ci ? Il ne pouvait engager aussi dangereusement son Église, qui, précisons-le, est intérieure (ésotérique) et non extérieure (exotérique), sur le terrain glissant de l'administration de la foi, du contrôle des croyances et du gouvernement des consciences où les chefs religieux - c'est bien connu - imposent leurs convictions à la masse, en croyant servir la vérité qu'ils ne cessent de déformer. Tout cela le Christ le savait.
L'épiscopat monarchique remontant à Pierre est une légende. Aucun texte du Nouveau Testament ne le mentionne comme chef d'une Église, encore moins de l'Église de Rome, ayant la primauté sur toutes les autres.
Avant de pouvoir vraiment diffuser la lumière, il faudra d'abord que l'Église cherche à cheminer dans la claire vision. Ce qui suppose qu'elle sorte de l'obscurité de la foi, car l'Esprit de vérité a horreur de l'obscurité. Il ne peut être envoyé par le Christ que lorsqu'on commence véritablement à voir clair en soi. C'est dans la lumière qu'on voit la lumière. À méditer.
Si l'Église veut à tout prix préserver le contenu de sa foi, elle se trompe d'alliée en recourant - ou en prétendant recourir - à la raison. Il lui suffit de rester enfermée dans son système et de prouver la foi par la foi. Mais tout le monde l'aura compris, c'est bien toujours ainsi qu'elle procède. La foi renvoie en permanence à elle-même, et non à la raison droite. En somme, le raisonnement de l'Église est toujours circulaire.
La foi se pense elle-même et se renvoie sa propre image. Jean-Paul II expliquerait ce phénomène en disant, à la suite de Vatican II, que la "foi est un exercice de la pensée" ( ibid ., § 43, p. 58).
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